Lutte contre la contrebande et les trafics illicites : L’apport des chiens détecteurs dans la lutte contre le trafic de drogues

Alors que le trafic mondial de drogues atteint des niveaux records, l’Organisation mondiale des douanes (OMD) mise sur le flair de ses brigades cynotechniques pour contrer la montée des substances de synthèse. Réunis en Ouzbékistan, plus de cinquante administrations douanières ont posé les bases d’une coopération renforcée autour du Projet de Détection des Drogues de Synthèse (PDDS), symbole d’une riposte internationale face à des réseaux criminels toujours plus inventifs.
Selon le « Rapport mondial sur les drogues 2025 » produit par l’Office des Nations Unies pour la Drogue (UNODC), en 2023, quelque 316 millions de personnes dans le monde avaient fait usage de drogues. Ces chiffres sont le résultat, sur 10 ans, d’une augmentation supérieure à la croissance démographique, ce qui indique une hausse de la prévalence.
« Nous assistons à une augmentation de la demande, alimentée par un ensemble de facteurs, ainsi qu’à une augmentation de l’offre, provenant d’un commerce illicite incessant et adaptable, qui exacerbent l’instabilité mondiale et sont exacerbées par elle, dans un cercle vicieux », rapporte l’ONODC dans son rapport.
En parcourant le document, une constance se dégage. Le marché des drogues synthétiques a connu une expansion rapide ces dernières années et ne montre aucun signe de ralentissement. D’ailleurs, note le rapport, « les saisies mondiales de stimulants de type amphétamine ont battu des records en 2023, représentant près de la moitié de toutes les saisies de drogues synthétiques ».
Les chiffres…
Avec plus de 3 708 tonnes, la production illégale mondiale estimée de cocaïne a atteint un nouveau record en 2023, soit près d’un tiers de plus (34 %) que l’année précédente. « Les saisies mondiales de cocaïne ont également atteint un niveau record en 2023, et des augmentations ont été signalées dans toutes les régions. Sur la période 2019-2023, la quantité de cocaïne saisie dans le monde a augmenté de 68 % », calcule le rapport.
Les opioïdes synthétiques sont également demeurés un problème majeur, et l’apparition rapide et préoccupante des nitazènes s’est poursuivie sur certains marchés. La production mondiale de cocaïne a de nouveau atteint un niveau record, accompagné d’une augmentation importante des saisies de cette substance, des personnes en faisant usage et, plus tragiquement, des décès qui y sont liés dans de nombreux pays ces dernières années.
Le rapport donne des détails sur la nouvelle cartographie mondiale. « Dans certaines régions du monde, les tendances en matière de drogues se recoupent et se confirment. L’Europe occidentale et centrale continue de signaler davantage de saisies de cocaïne que l’Amérique du Nord et représente la nouvelle destination principale de cette drogue ; les opioïdes synthétiques représentent toujours une menace aiguë en Amérique du Nord, bien que le nombre de décès qui y sont liés ait diminué ; l’usage non médical de tramadol continue de sévir en Afrique de l’Ouest et du Centre ; et la méthamphétamine poursuit sa tendance à la hausse en Asie du Sud-Est », écrit l’Organisation des Nations Unies pour les Drogues.
La piste canine de l’OMD
Renforcer le rôle des chiens dans la lutte contre le trafic des drogues de synthèse, et propager les bonnes pratiques dans l’ensemble des administrations des Douanes du monde entier. C’est l’objectif recherché par l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD), qui vient d’organiser le 7e Forum mondial cynotechnique en Ouzbékistan.
Les travaux qui ont réuni plus de 150 participants issus de 50 pays, dont des représentants d’administrations douanières et des experts de plus de 15 organisations internationales, ont marqué une étape décisive dans la stratégie à mettre en œuvre pour faire face à des méthodes de trafic de drogues de plus en plus sophistiquées.
L’OMD a présenté deux nouveaux instruments destinés à renforcer les programmes cynotechniques dans le monde et à fournir un cadre commun pour des programmes cynotechniques professionnels, efficaces et de haute qualité. Il s’agit du Projet de détection des drogues de synthèse (Projet de Détection des Drogues de Synthèse – PDDS) et ses initiatives liées aux capacités cynotechniques.
Selon ladite organisation, « Le PDDS vise à contribuer à la réduction du trafic de drogues en renforçant les capacités de détection, en améliorant la coordination interne et en favorisant la coopération internationale afin de lutter plus efficacement contre les activités des Groupes Criminels Organisés (GCO) ».
Au cours de la session, l’expert cynotechnique de l’OMD a souligné les défis croissants posés par les drogues de synthèse qui gagnent progressivement du terrain sur les marchés illicites des drogues. « Face à cette évolution des menaces, le PDDS aide les Membres à renforcer la capacité des équipes cynotechniques à détecter les drogues de synthèse et à promouvoir l’élaboration et le partage de pratiques efficaces », a ajouté l’OMD.
Au sein de l’organisme, la stratégie est claire. Il s’agira, dans un premier temps, de renforcer les capacités de détection des drogues de synthèse. Ceci, grâce à des missions exploratoires visant à évaluer les besoins et les capacités au niveau national, à des formations nationales destinées à renforcer les capacités opérationnelles et à des ateliers régionaux visant à faciliter la coopération pratique et l’échange d’expertise.
Il s’agira également de promouvoir les meilleures pratiques et les lignes directrices grâce au partage des connaissances entre les Membres et les experts et au renforcement des liens multilatéraux. Grâce à ces initiatives, le PDDS cherche à renforcer la capacité des administrations douanières à répondre à l’évolution rapide de la menace liée aux drogues de synthèse, tout en favorisant une coopération et un partage des connaissances accrus au sein de la communauté de l’OMD.
