FONGOD Edwin NUVAGA : « La connaissance douanière est un capital incontournable pour la transformation de la Douane de demain »

Au cours de son allocution d’ouverture donnée dans le cadre de l’atelier national sur la recherche et la publication douanières, FONGOD Edwin NUVAGA, Directeur Général des Douanes du Cameroun, a livré un plaidoyer pour une meilleure prise en compte de la recherche critique, appliquée et orientée vers l’action. Voici l’intégralité de son discours.
Dans un environnement caractérisé par les mutations rapides et profondes, investir dans le capital humain revient à investir dans l’avenir de notre administration en donnant à nos personnels les moyens de comprendre les changements en cours, de les anticiper et surtout de contribuer eux-mêmes à la transformation de la Douane.
Je voudrais à cet effet féliciter le comité d’organisation ainsi que l’ensemble des experts mobilisés à ses côtés pour cette initiative pertinente.
Alors, « La connaissance douanière au service de la transformation de la douane de et demain ». Voilà le thème général autour duquel s’articule cet atelier dédié à la recherche et à la publication douanière. Ce thème n’a rien d’anodin. Il traduit la nécessité de désormais placer la connaissance au cœur de la transformation institutionnelle.
La douane du 21ème siècle induit des mutations d’une ampleur sans précédent, consubstantielles aux transformations économiques, technologiques, sécuritaires, environnementales et sociales qui traversent nos sociétés.
En effet, l’essor de l’intelligence artificielle, la dématérialisation croissante des échanges, le commerce électronique, l’exploitation massive des données, les technologies de rupture, les nouvelles formes de criminalité transfrontalière, les exigences accrues de sécurisation des chambres d’hôtel et les impératifs de facilitation du commerce redessinent progressivement le contenu du métier du douanier.
Face à ces évolutions, nos administrations doivent réagir. Elles doivent anticiper. Et pour anticiper, il faut comprendre. Pour comprendre, il faut observer, analyser, questionner, comparer les expériences et produire de la connaissance. Il s’agit alors de faire de la recherche du douanier non pas un exercice exclusivement académique, encore moins comme une activité périphérique, en dehors de nos missions professionnelles, mais un véritable outil d’aide à la décision et à la modernisation de l’administration.
Autrement dit, nous devons encourager une recherche critique, appliquée et orientée vers l’action. Une recherche qui parle de nos réalités, interroge nos pratiques, documente nos difficultés, valorise nos réussites et propose des solutions concrètes aux défis auxquels notre administration est confrontée.
Nos problématiques de recherche sont nombreuses. Car susceptibles de cibler, la mobilisation et la sécurisation des recettes, la facilitation des échanges, la lutte contre la fraude et les trafics illicites, la gestion des risques, l’intelligence artificielle, l’exploitation des données, le commerce électronique, la souveraineté des frontières, la protection de l’environnement, la coopération internationale, le développement des compétences, ou encore l’amélioration de la gouvernance douanière.
Ainsi, chaque difficulté opérationnelle peut devenir une question de recherche. De même, chaque expérience réussie peut devenir une bonne pratique à documenter. Enfin, chaque innovation peut constituer une source d’apprentissage pour notre administration et au-delà., pour la communauté douanière internationale.
C’est de cette manière que la recherche peut véritablement soutenir le processus de modernisation de notre administration, les cohérences avec les dynamiques de transformation promues au niveau international par l’Organisation mondiale des Douanes.
Mesdames et Messieurs les directeurs, chers participants, Préparer l’avenir nous engage également de savoir tirer les renseignements du passé et surtout de capitaliser sur les expériences et les réussites déjà enregistrées au sein de notre propre administration.
Nous avons dans nos rangs des femmes et des hommes qui, parallèlement à leurs responsabilités professionnelles ont consacré du temps à la réflexion, à la recherche et à l’étude. Certains ont oublié des ouvrages, des activités et les diverses contributions sous les problématiques importantes pour la Douane.
Ces expériences constituent un patrimoine intellectuel qu’il convient de valoriser et de transmettre. Cet atelier permettra opportunément aux participants de bénéficier de l’expérience de certains de nos collègues qui ont capté bien avant ce jour l’intérêt de la recherche, de l’écriture et de la publication. A travers leurs parcours et leurs expériences diverses ils vous permettront d’explorer les différentes étapes qui jalonnent le chemin de la production intellectuelle en répondant à des questions simples mais essentielles. Comment naît une ? Comment identifier un sujet pertinent ? Comment transformer une expérience professionnelle ou une difficulté opérationnelle en problématique de recherche ? Comment structurer sa réflexion ? Comment surmonter les contraintes liées à l’écriture ? Et enfin, comment franchir les différentes étapes conduisant à la publication ?
Ecrire ne suffit pas, mesdames et messieurs. Encore faut-il être lu. Et pour être lu, il faut être publié. Une recherche qui demeure dans un tiroir, aussi pertinente soit-elle, ne produit qu’un impact limité. La croissance ou la connaissance prend véritablement toute sa valeur lorsqu’elle est partagée, discutée, confrontée à d’autres expériences et mise à disposition de ceux qui peuvent s’en servir.
Publier, c’est donc pour ranger la recherche, pas le partage. Publier, c’est permettre à une expérience individuelle de devenir une connaissance collective. Publier, c’est également contribuer au rayonnement de son administration en faisant connaître son expertise, ses innovations, ses bonnes pratiques et les réponses qu’elle apporte aux défis auxquels elle est confrontée.
A cet égard, l’Organisation mondiale des Douanes constitue un espace privilégié de production, de capitalisation et de diffusion de la connaissance douanière à l’échelle internationale.
A travers ses marques, ses partenaires, ses instruments, ses travaux de recherche et ses différentes publications, elle offre à la communauté douanière mondiale un cadre exceptionnel de partage des expériences et de bonnes pratiques.
Notre administration doit donc être non seulement consommatrice de connaissances, mais également productrice et contributrice des connaissances douanières. Partageons nos expériences, faisons connaître nos innovations, documentons nos bonnes pratiques, encourageons et valorisons nos collègues, et même de porter la voix et l’expertise des douanes camerounaises au-delà de nos frontières.
Nos expériences vous permettront de mieux comprendre les exigences liées à une publication dans le magazine de l’OMD, depuis l’identification d’une thématique pertinente jusqu’à la publication proprement dite, en passant par la structuration de l’article, les exigences éditoriales, le processus de soumission et les différentes interactions nécessaires, avant publication.
Chers participants, l’ambition de cet atelier n’est pas simplement de vous apprendre à écrire ou à publier. Il s’agit de faire progressivement émerger au sein de notre administration une véritable culture de recherche, d’analyse, de l’écriture et de partage de connaissances.
