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22 septembre 2026

Cameroun : Les industriels de l’emballage pour des aménagements fiscaux et douaniers

Les industriels de l’emballage pour des aménagements fiscaux et douaniers

Au cours d’une audience accordée par le Directeur Général des Douanes du Cameroun ce jeudi 10 septembre 2026, l’Association Camerounaise des Industriels du Secteur de l’Emballage (ACIS), a présenté un chapelet de difficultés qui plombent la bonne santé du secteur. Ils ont fait plusieurs propositions, notamment la mise en place d’un cadre fiscalo-douanier adapté, et un accompagnement permettant de promouvoir les emballages fabriqués localement.

Les positions tarifaires applicables aux matières premières, intrants et autres produits nécessaires aux activités des industriels de l’emballage et de l’imprimerie ont constitué le menu d’un échange entre le Directeur Général des Douanes du Cameroun, FONGOD Edwin NUVAGA, et une délégation de l’Association Camerounaise des Industriels du Secteur de l’Emballage (ACIS).

Dans un contexte encore difficile, marqué par l’interdiction de l’utilisation des plastiques non-biodégradables, ces industriels ont égrené un chapelet de contraintes qui polluent l’environnement fiscal et douanier du secteur.

La première contrainte est liée à la fiscalité des matières premières et intrants. Les opérateurs ont relevé une situation qu’ils considèrent comme défavorable à la production locale. Certains emballages finis importés peuvent bénéficier d’un traitement tarifaire plus avantageux ou comparable à celui appliqué aux matières premières utilisées par les industries locales. Selon les représentants du secteur, cette situation affecte directement la compétitivité des entreprises camerounaises qui doivent supporter, dès l’importation de leurs matières premières, différentes charges fiscales et douanières, notamment : les droits de douane ; la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) ; les droits d’accise, lorsqu’ils sont applicables ; ainsi que les autres frais liés aux opérations d’importation.

La deuxième contrainte est liée à l’importance et coût des stocks de matières premières. Les représentants de l’ACIS ont également attiré l’attention sur la diversité des besoins de leur clientèle. Par exemple, les caractéristiques des emballages varient notamment en fonction : du type de produit conditionné ; du format des bouteilles ou autres contenants ; des exigences spécifiques des clients ; du type de machines utilisées, qu’elles soient automatiques ou manuelles ; des besoins en impression et en finition. Cette diversité contraint les industriels à maintenir des stocks importants et variés de matières premières et d’intrants afin de pouvoir répondre aux commandes dans les délais.

Concurrence
Les industriels ont par ailleurs évoqué la concurrence exercée par les emballages importés. Ils ont relevé que certains clients locaux choisissent d’importer directement des emballages déjà imprimés ou entièrement finis depuis l’étranger, plutôt que de s’approvisionner auprès des producteurs implantés au Cameroun. Cette situation contribue, selon eux, à réduire les débouchés de l’industrie locale et à limiter les effets attendus de la politique d’import-substitution.

Devant le patron de l’administration douanière camerounaise, l’ACIS a sollicité l’application d’un taux de 5 % sur ses principales matières premières et intrants. Elle a demandé la suppression ou la suspension du droit d’accise sur certains intrants, notamment les films plastiques non imprimés.

Rappelons que dans le cadre du démantèlement tarifaire, le Cameroun a exclu plusieurs produits, dont les emballages en matières plastiques. Ceci, en raison de leur « forte sensibilité économique, sociale ou environnementale ». Selon l’Etat du Cameroun, « Ces produits présentent une forte sensibilité économique, sociale ou environnementale. Ils se caractérisent par une taxation élevée, avec un taux moyen du Tarif Extérieur Commun (TEC) de 26%, et 74% d’entre eux sont soumis au taux plafond de 30% ».

La décision de les exclure du démantèlement obéit à plusieurs considérations stratégiques. La protection de l’industrie locale, afin d’éviter une concurrence étrangère susceptible de fragiliser des filières de production nationales encore en développement. La préservation des recettes douanières, ces produits représentant une source importante de revenus fiscaux pour l’État. La protection de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité des consommateurs camerounais, certains produits de ce groupe pouvant présenter des risques ou relever de secteurs sensibles nécessitant une régulation renforcée.

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