Centrafrique : Le gouvernement veut assainir le dispositif d’attribution des exonérations fiscales et douanières

Face à l’érosion des recettes publiques, la République centrafricaine engage une réforme de son système d’exonérations fiscales et douanières. Réunis à Bangui, gouvernement, Union européenne et experts internationaux entendent mettre fin aux dérives afin de garantir que chaque avantage accordé serve réellement l’investissement, l’emploi et le développement économique.
La République centrafricaine (RCA) veut assainir son dispositif d’attribution des exonérations fiscales et douanières. Le gouvernement vient d’organiser un atelier de deux jours consacré à la rationalisation, à l’encadrement et au contrôle des exonérations fiscales et douanières dans le pays.
Selon Yambouka Wamata, le directeur de cabinet du ministère des Finances et du Budget de la République centrafricaine, les exonérations peuvent encourager l’investissement et accompagner certaines activités économiques ou sociales. Cependant, leur multiplication ou leur mauvais encadrement, finissent par priver l’État de ressources indispensables.
Prenant la parole au cours de cet atelier, Diego Escalona Pâtures, (l’ambassadeur de l’Union européenne en Centrafrique) a souligné qu’une gestion efficace des ressources nationales conditionne le financement durable des politiques publiques et l’autonomie financière du pays. Il a préconisé un diagnostic approfondi des mécanismes d’exonération et l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle, sans compromettre l’attractivité économique de la Centrafrique.
Des exonérations plus crédibles
Dans son discours d’ouverture, Félix MOLOUA, le Premier ministre a placé la maîtrise des exonérations au cœur du renforcement des finances publiques. Il a rappelé que la mobilisation des ressources intérieures est indispensable au financement des dépenses prioritaires et au respect des engagements de l’État. Il a appelé à un contrôle rigoureux de l’octroi et de l’utilisation des avantages fiscaux, ainsi qu’à une meilleure traçabilité des opérations.
Félix Moloua a été formel : chaque exonération doit reposer sur une justification économique ou sociale claire et produire des effets mesurables sur l’investissement, l’emploi et l’activité productive. Il a également demandé le renforcement des contrôles, l’amélioration des procédures de paiement et la prévention des irrégularités susceptibles d’éroder les recettes publiques.
Financé par la représentation de l’Union européenne en République centrafricaine, avec l’appui de SOFRECO (géant de la coopération internationale au développement), l’atelier a un but précis. Identifier les insuffisances du dispositif actuel et formuler des recommandations concrètes.
« L’enjeu dépasse la réduction des avantages fiscaux : il s’agit de garantir que chaque dépense fiscale consentie par l’État soit justifiée, maîtrisée et porteuse de retombées économiques et sociales réelles », a renseigné le Ministère des Finances et du Budget de la RCA.
