Cameroun : La Douane veut dépasser les 30 milliards de production contentieuse en un an

Entre 2024 et 2025, la production contentieuse enregistrée par la Direction Générale des Douanes (DGD) a progressé de 57,14 %. Elle est passée de 12 milliards de FCFA en 2024 à 21 milliards de FCFA en 2025, renseigne la Division des Enquêtes Douanières et de la Surveillance de la DGD. Dans le détail, ces recettes se composent de 7 milliards de FCFA de droits éludés et 14 milliards d’amendes.
Si les chiffres de l’année 2026 ne seront connus qu’en début d’année 2027, l’administration des Douanes du Cameroun veut densifier sa production contentieuse au cours des années à venir, en portant sa production contentieuse à un niveau correspondant à une croissance de 70%. C’est en tout cas ce qu’espère Alain Parfait EBA’A EFANDENE, Chef de la Division des Enquêtes Douanières et de la Surveillance.
Clôturant l’atelier de formation sur la conduite des contrôles à posteriori selon le secteur d’activité, le chef de division a fait des prévisions optimistes. « Je pense que la direction générale des douanes est à même d’enregistrer un relèvement substantiel des chiffres contentieux. Pourquoi pas aller au-delà des 30 milliards au cours d’un exercice en termes de droits conclus, droits éludés et d’amende ? », a-t-il déclaré aux enquêteurs retenus pour prendre part à cet atelier.
Stratégie
Pour densifier cette production contentieuse, la Douane camerounaise compte s’appuyer sur une stratégie adossée sur deux piliers. Le premier est celui de la traque sur le terrain. Ici, il s’agit de « cibler en priorité les six secteurs économiques qui concentrent 79% de la mobilisation des recettes (activité portuaire, banque, hydrocarbures, brasseries, commerce général et télécommunications) », renseigne la Direction Générale des Douanes. Les secteurs du BTP et de la filière forêt-scierie complètent ce tableau.
« Pendant l’atelier, les enquêteurs ont étudié la pratique des contrôles. C’est le cœur de notre initiative. Les témoignages des inspecteurs vérificateurs et chefs de brigade sur les six secteurs qui concentrent 79% de nos recettes ont été d’une richesse inestimable. L’atelier a permis aux enquêteurs d’apprendre à lire au-delà des chiffres, à traquer le renseignement dans une base de données, à décrypter un document fiscal des prix de transfert ou une déclaration de logiciel. Toutes choses indispensables à la bonne tenue d’un contrôle à posteriori », a réagi Alain Parfait EBA’A EFANDENE.
« L’atelier a permis de revisiter le cadre juridique et réglementaire. Il s’est agi de remettre à plat les textes et règlements d’ordre indexés dans la conduite des contrôles a posteriori. Mais aussi de manière spécifique les différentes dispositions propres à chaque secteur d’activité. Les participants repartent avec un recueil, mais surtout avec une certitude. Un dossier bien ficelé sur le plan de la procédure est un dossier inattaquable », a-t-il souligné.
Le deuxième pilier est celui de la formation. En effet, la Douane camerounaise prévoit une extension de ces ateliers à d’autres secteurs des Douanes. Avec en prime, une initiation des enquêteurs aux techniques comptables avancées, ainsi qu’aux dossiers hautement techniques des prix de transfert, du cloud et de la déclaration des logiciels.
En outre, la Douane veut faire de la centaine d’inspecteurs formés des ambassadeurs des bonnes pratiques des contrôles à priori dans leurs services respectifs. « Qu’il y ait un effet multiplicateur, et qu’ils partagent à suffisance ce qu’ils ont appris ici. Que chacun, dans son unité, soit un formateur pour au moins 100 autres collaborateurs ou collègues », a conclu Alain EBA’A EFANDENE.
